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Comment développer son leadership ?

On parle du leadership comme d’une qualité que l’on aurait ou non. C’est la façon la plus sûre de ne jamais le développer.

Marc Prager4 min de lectureLeadership
Comment développer son leadership ?

On parle du leadership comme d’une qualité que l’on aurait ou non. C’est la façon la plus sûre de ne jamais le développer. Un leadership se reconnaît à des effets — une équipe qui sait où elle va, qui ose dire ce qui ne va pas, qui décide sans attendre l’arbitrage d’en haut — et ces effets viennent de gestes que l’on peut apprendre.

Le leadership n’est pas un trait de caractère

L’image du leader charismatique, dominant naturellement l’assemblée, résiste mal à l’observation. Les collectifs les mieux tenus le sont souvent par des personnes discrètes, dont l’autorité vient de la constance et non de la présence.

Ce qui se joue est plus prosaïque : la clarté des priorités, la fiabilité de la parole donnée, la façon dont une objection est reçue. Trois choses qui relèvent de l’habitude, pas du tempérament.

Un manager en échange avec son équipe autour d’une table de réunion

Partir de ce que votre équipe perçoit

L’écart entre l’intention d’un manager et ce que son équipe en comprend est presque toujours plus grand qu’il ne l’imagine. Un dirigeant persuadé d’encourager l’initiative peut être vécu comme quelqu’un qui reprend systématiquement la main ; il ne le saura jamais si personne ne le lui dit.

C’est pourquoi tout travail sérieux sur le leadership commence par un état des lieux, et non par une intention. Un feedback à 360° ou une évaluation managériale donnent cette matière : ce que perçoivent ceux qui vous entourent, dit sous couvert d’anonymat, donc sans filtre de politesse.

Les gestes qui construisent la confiance

La confiance ne se demande pas, elle s’installe par accumulation de petites preuves. Quatre gestes y contribuent plus que tous les autres :

  • Dire ce qu’on ne sait pas. Un manager qui reconnaît une incertitude autorise son équipe à faire de même — et récupère ainsi des informations qu’on lui cachait.
  • Tenir la parole donnée sur les petites choses. Un délai de réponse annoncé et respecté pèse plus lourd qu’un grand engagement stratégique.
  • Accueillir la première objection publique sans se défendre. La façon dont vous réagissez ce jour-là détermine s’il y en aura une seconde.
  • Rendre visibles les décisions et leurs raisons. Une décision expliquée peut être contestée ; une décision inexpliquée est prêtée à de mauvaises intentions.

S’y ajoute la délégation, qui est l’épreuve de vérité : déléguer suppose d’accepter qu’une tâche soit faite autrement qu’on ne l’aurait faite, et parfois moins bien la première fois.

Trouver son style sans se travestir

Il n’existe pas un bon style de direction mais plusieurs, dont l’efficacité dépend de la situation et de la maturité de l’équipe. Une équipe neuve a besoin d’instructions précises ; la même équipe, six mois plus tard, les vivra comme du contrôle. C’est tout l’objet du modèle de Hersey et Blanchard, et plus largement des cinq styles de leadership.

L’enjeu n’est donc pas de se composer un personnage mais d’élargir son répertoire. Un manager qui ne sait diriger que d’une seule manière réussira avec les équipes qui correspondent à cette manière, et échouera avec les autres — sans comprendre pourquoi.

Ce qui s’apprend vite, et ce qui résiste

Tout ne se développe pas au même rythme, et le savoir évite de se décourager sur le mauvais front. Certaines compétences relèvent de la méthode : elles s’acquièrent en quelques semaines dès lors qu’on dispose d’un cadre et qu’on s’y astreint.

  • Conduire une réunion qui décide — un ordre du jour, une durée annoncée, une décision formulée à la fin. Trois règles, un effet immédiat.
  • Formuler un désaccord sans mettre en cause la personne — la méthode DESC tient en quatre étapes, apprises en une séance.
  • Donner un retour précis — remplacer « beau travail » par le fait exact qu’on a remarqué. Cela ne demande que de l’attention.
  • Expliquer une décision — dire le pourquoi en même temps que le quoi. Le réflexe s’installe en quelques semaines.

D’autres résistent bien davantage, parce qu’elles touchent à des réflexes anciens : accueillir une critique sans se justifier, supporter qu’une décision collective ne soit pas la sienne, laisser un collaborateur faire moins bien que soi le temps qu’il apprenne. Là, aucune formation ne suffit — il faut revenir plusieurs fois sur les mêmes situations, avec quelqu’un qui vous les fait revoir.

Une conséquence pratique : commencez par les premières. Elles produisent des résultats visibles rapidement, et ces résultats donnent le crédit nécessaire pour aborder les secondes. L’ordre inverse — s’attaquer d’emblée à ce qui est le plus enraciné — décourage la plupart de ceux qui l’essaient.

Savoir où vous en êtes

Quelques signes concrets valent mieux qu’une auto-évaluation. Les mauvaises nouvelles vous parviennent-elles tôt, ou après coup ? Vos collaborateurs tranchent-ils entre eux, ou remontent-ils les arbitrages ? Quand vous êtes absent une semaine, l’équipe avance-t-elle ?

Ces trois questions renseignent mieux qu’un test de personnalité. Si les réponses ne vous conviennent pas, le levier n’est pas la volonté mais la méthode : une formation pour les gestes de base, un accompagnement individuel pour ce qui touche à des réflexes plus anciens.

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Marc PragerCoach professionnel certifié ICF PCC