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Comment trouver un bon coach professionnel ?

Le titre de coach n’est pas protégé : n’importe qui peut l’employer, et le marché va du praticien rigoureusement formé au vendeur de développement personnel.

Marc Prager4 min de lectureCoaching
Comment trouver un bon coach professionnel ?

Le titre de coach n’est pas protégé : n’importe qui peut l’employer, et le marché va du praticien rigoureusement formé au vendeur de développement personnel. Choisir suppose donc de savoir sur quoi regarder — et de commencer par soi.

D’abord, savoir ce que l’on vient chercher

C’est l’étape que l’on saute, et elle détermine le reste. Un coaching n’est pas une formation : il n’apporte pas de contenu. Ce n’est pas non plus une thérapie : il ne travaille pas sur le passé mais sur une situation présente et un objectif. Et ce n’est pas du conseil : le coach ne dit pas quoi faire.

Formuler sa demande en une phrase — « je viens d’être nommé et je n’arrive pas à asseoir ma légitimité », « mon équipe ne me dit plus rien » — élimine d’emblée les praticiens dont ce n’est pas le domaine. À l’inverse, une demande vague attire les offres vagues.

Les critères qui comptent

  • Le domaine d’intervention. Coaching de dirigeants, de managers, d’équipe, de transition professionnelle : ce sont des pratiques différentes. Un excellent coach de sportifs n’est pas outillé pour un comité de direction.
  • L’expérience de terrain. Avoir exercé des responsabilités change la compréhension des contraintes d’un dirigeant. Ce n’est pas indispensable, c’est souvent déterminant.
  • La formation suivie. Une formation certifiante comporte des heures de pratique supervisée, pas seulement des cours. Demandez le nom de l’école et le volume de supervision.
  • La supervision actuelle. Un praticien sérieux est lui-même supervisé, aujourd’hui, par un pair. C’est le meilleur indicateur de sérieux, et le moins connu du public.
  • Le cadre déontologique. Confidentialité, périmètre de ce qui sera restitué à l’entreprise, conditions d’arrêt : cela doit être écrit avant de commencer.
Un entretien de coaching entre deux personnes dans un bureau

Ce que valent les certifications

Trois organismes structurent la profession en France : l’International Coaching Federation, qui délivre les niveaux ACC, PCC et MCC selon le volume d’heures et le passage d’un examen ; l’EMCC, d’origine européenne ; et SF Coach, la Société française de coaching. Chacun impose un code de déontologie, des heures de pratique et une supervision.

Ce qu’une certification garantit : un socle de formation, un cadre éthique, un recours en cas de manquement. Ce qu’elle ne garantit pas : que le courant passera entre vous, ni que ce praticien-là saura traiter votre situation. C’est un filtre utile, pas une réponse. Le détail des niveaux figure dans notre article sur la certification ICF.

Le premier entretien : sept questions utiles

L’entretien exploratoire se fait sans engagement et sans facturation. C’est le moment de poser des questions précises.

  1. Avez-vous déjà accompagné des situations proches de la mienne ? La réponse doit être circonstanciée, sans jamais nommer personne.
  2. Comment travaillez-vous, concrètement ? Rythme des séances, durée, ce qui se passe entre deux.
  3. Quelle est votre formation, et êtes-vous supervisé aujourd’hui ? Les deux questions comptent autant l’une que l’autre.
  4. Que remonterez-vous à mon entreprise si elle finance ? La réponse doit être précise : en général l’assiduité et l’atteinte des objectifs, jamais le contenu des échanges.
  5. Combien de temps, et pour quel budget ? Un accompagnement se compte en séances espacées sur plusieurs mois, avec un terme prévu dès le départ.
  6. À quoi verrons-nous que cela a fonctionné ? Un praticien sérieux vous fera formuler des critères observables, plutôt que d’en proposer.
  7. Dans quel cas me diriez-vous que le coaching n’est pas la bonne réponse ? Celui qui ne voit aucun cas n’a pas assez travaillé.

Les signaux qui doivent alerter

Quelques indices suffisent à écarter un praticien. La promesse de résultat — « vous serez transformé en six séances » — parce qu’un accompagnement dépend d’abord de la personne accompagnée. Le refus de préciser sa formation ou sa supervision. Les séances de trois heures, dont l’intérêt est économique et non pédagogique : au-delà d’une heure et demie, l’attention retombe et le travail perd en qualité.

Méfiez-vous aussi du praticien qui interprète à votre place, ou qui glisse vers le registre thérapeutique sans y être formé. Et faites confiance à l’impression du premier échange : la qualité de la relation n’est pas un supplément d’âme, c’est la condition de travail. Si vous ne vous sentez pas en confiance à ce moment-là, cela ne s’améliorera pas.

Un dernier point vaut d’être rappelé : la démarche doit être volontaire. Un coaching imposé par l’entreprise produit de la conformité, pas du mouvement — c’est vrai pour un individu comme pour un collectif.

Ce que cela coûte, et qui paie

Les tarifs varient fortement selon le niveau d’expérience et le public visé : un accompagnement de dirigeant se situe à un autre niveau qu’un coaching de transition professionnelle. Plutôt qu’un prix à la séance, demandez le coût total du dispositif proposé — nombre de séances comprises, temps de préparation et de restitution inclus.

Trois modes de financement coexistent. L’entreprise finance, ce qui est le cas le plus fréquent pour un cadre : une convention tripartite réunit alors l’employeur, la personne accompagnée et le praticien, et fixe précisément ce qui sera restitué. La personne finance elle-même, ce qui simplifie le cadre de confidentialité. Ou le dispositif s’inscrit dans un budget formation, sous conditions.

Une précaution dans le premier cas : vérifiez qui a défini l’objectif. Quand l’employeur fixe seul ce que l’accompagnement doit produire, la personne accompagnée se retrouve à devoir répondre d’un projet qui n’est pas le sien — et l’exercice tourne à l’évaluation déguisée. Un praticien sérieux refusera ce montage, ou exigera de renégocier l’objectif avec l’intéressé.

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Marc PragerCoach professionnel certifié ICF PCC